La psychothèque ou la communauté des fous – Sortie du livre en 2015 (sans les fotes)

préliminaire

 La psychothèque :  À ma mère Kheira, ma meilleure amie Christine, ma femme Cora alias coco, Mireille, ainsi que tous mes lecteurs, ceux qui m’apprécient ou me détestent, et ceux qui auront de la reconnaissance à mon égard ou de la haine.

Préliminaires sérieux I

 

Je suis Lionel Belarbi ou Lio, Léo, bref, l’homme qu’il vous faut. De passage depuis le 8 février 1981 à 18 h 30 dans cette vie nauséabonde – à cause d’une histoire de pomme –, et pour un départ imminent vers ce que l’on appelle le paradis.

Enfin pour le paradis, ce n’est pas certain, mais je me complais à rêvasser.

D’origine algérienne grâce à ma mère et russe par mon encu <censuré> de père. La grossièreté que j’utilise envers mon géniteur est loin d’être gratuite, il m’a abandonné à la naissance et a refusé de me reconnaître. Je n’ai jamais fait de recherches : ne sachant pas ce qu’est un papa, cela ne me manque pas.

Mon père était un homme très riche, et l’est peut-être encore. Ma mère, une femme heureuse, ne manquait de rien : bijoux, argent, sorties dans les plus grands restaurants de Paris, et même de l’amour. Mais le pire est arrivé, moi… Alors que j’étais encore dans le ventre de ma mère, mon père lui a posé un ultimatum cruel : l’avortement. Le refus de ma mère lui a valu une séparation d’avec mon père qui ne voulait pas de moi. À ma naissance, il n’a même pas daigné me reconnaître.

Pour survivre, ma mère est descendue à Paris et s’est prostituée pour nous loger. Elle travaillait très dur, lors de nuits glaciales, avec le risque de se faire agresser, voire tuer.

Bien que ma mère ait eu une excellente hygiène de vie – elle ne fumait pas ni ne buvait d’alcool –, cette torture quotidienne l’aura eue à l’usure.

Elle est décédée à mes 14 hivers.

 

Après son enterrement à Sisteron dans les Basses-Alpes, j’ai coupé les ponts avec ma famille, et encore aujourd’hui, je ne suis jamais allé me recueillir sur sa tombe. Je crois en Dieu, mais ma mère rongée par les vers n’est plus qu’un tas d’os sans intérêt.

Je la porte dans mon cœur, elle vole autour de moi et je sens sa chaleur quand je pleure de haine contre la faucheuse. Puis dans l’au-delà, son âme se repose et c’est le plus important. C’était une combattante et elle restera à tout jamais dans mon cœur. J’en pleure.

Sa mort m’a renforcé, endurci, dévergondé ; terminé le fils à sa maman pourri gâté. Son décès m’a transformé en homme. J’avais beaucoup de succès (enfin) avec les femmes, un vrai play-boy, et je savais mieux me battre pour me défendre contre les moins que rien qui insultaient ma mère de pute.

Les brides lâchées, j’étais devenu un vrai bâtiment de guerre de 78 kilos de muscles, visage fin, ainsi qu’un homme tendre et romantique avec les femmes, un gentleman jusqu’à mes 25 hivers.

Aujourd’hui, je fais partie de la communauté des fous avec un ventre de six mois de grossesse et 95 kilos de tissus adipeux.

 

 

J’ai quitté l’école à l’âge de 16 ans, n’ai même pas terminé ma cinquième et cela, je vous l’accorde, se ressent dans mon livre, ne vous attendez pas à une œuvre littéraire, mais plutôt un journal à cœur ouvert. Cependant, la lecture de nombreux romans, œuvres philosophiques et mêmes notices de médicaments, documentations médicales et informatiques m’a bien sauvé de l’illettrisme. Je suis donc capable de pondre quelques écrits par an avec peu de fautes et une lisibilité acceptable grâce au fabuleux logiciel de correction Antidote que je recommande aux illettrés comme moi.

J’ai un certificat d’aptitude professionnelle agricole de palefrenier soigneur et j’ai vécu, mangé, dormi quatre ans avec les chevaux. Malheureusement, je me suis fait virer du CFA pour flirts multiples et dégustations exagérées de champagne dans la cave à vin du CFA. J’adorais les bons crus, le caviar et les très belles femmes.

Grâce à ce CFA orienté cheval pur et dur, j’ai pu passer mon galop 4, mon permis voiture et presque mon permis poids lourd, pour le transport de chevaux, si je n’avais pas détruit toute la direction du camion et failli tuer toute l’équipe pour mes deux derniers essais.

 

 

Hier j’étais fou, aujourd’hui je suis chez les fous, demain je serai mort…

Après avoir été pris en charge par une dizaine de psychiatres, psychologues – et j’en passe –, aucun n’a gagné la partie et réussi à diagnostiquer ma maladie. Un médecin du travail m’a même traité de petit employé stressé avec une petite déprime. Que j’étais un jeune chef d’équipe dans un service de secours et d’incendie et que cela était tout à fait normal. Salope ! Six mois plus tard, à l’âge de 25 ans, mon déclin a été brutal et destructeur, une vraie descente en enfer. Je n’ai jamais pris beaucoup de médicaments, du moins je n’en ai jamais pris l’habitude depuis l’âge de 14 ans. Mais une fois ma chute libre amorcée et mon atterrissage dans le monde de la psychiatrie, je pense avoir pris plus de médicaments en sept ans que des confiseries en trente-deux ans…

Mon premier médicament prescrit par un psychiatre a été du Xanax 0,25 mg en cas de besoin. Le Xanax fait partie de la classe des benzodiazépines, c’est un très fort anxiolytique, une vraie drogue dure. Pour ma première prise de ce médicament, j’ai eu droit au plus beau rêve érotique de toute ma vie, mon boxer était trempé. Je ne peux bien sûr pas vous raconter ce rêve, car trop osé, mais je vous laisse l’imaginer. Et bien évidemment, je suis devenu accro à cette benzo jusqu’à tripler la dose maximum. J’étais devenu un vrai toxicomane. Il est impossible (à forte dose) de s’en passer sans de très fortes bouffées d’angoisses démesurées. Un arrêt brutal de cette molécule appelée alprazolam et c’est le suicide assuré. L’arrêt doit être surveillé par un docteur et aussi progressif que possible. N’étant pas médecin, je n’expliquerai pas ma technique de sevrage des benzodiazépines (Xanax, Urbanil, Rivotril, Lexomil, Ceresta, Temesta, etc.)

 

 

Revenons à mes diagnostics. D’après les psychiatres, je serais peut-être atteint des maladies suivantes :

Bipolarité, psychose, psychasthénie, schizophrénie, et même du syndrome de Diogène. Pour moi, après avoir lu plusieurs ouvrages sur la psychiatrie, et réalisé une auto-analyse de mes états dépressifs et maniaques, je souffre de troubles maniaco-dépressifs (bipolaire). Mais pour avoir également côtoyé de nombreux patients, je me suis aussi auto-diagnostiqué TMIR pour troubles multiples indéterminés et non répertoriés. J’ai bien sûr inventé le TMIR. Je ne sais donc pas qui je suis réellement. Je souffre de nombreux symptômes divers du TMIR. Je rêve de la maladie, de mort sans souffrance si j’avais à choisir.

Enfin, j’ai appris à prendre tout ça avec humour. Je me marre, je crée et tant que j’ai de l’argent, une femme ou une main droite, je supporte. Si tout ça n’existait pas, je souhaiterais monter là-haut, c’est plus beau…

 

 

Ce livre est basé sur une histoire vraie ; la mienne ; la vôtre ?

Seuls les noms des personnages et du pôle psychiatrique d’un grand hôpital sont fictifs. Je raconte la vie en hôpital psychiatrique en France telle que je la vois, et sans oublier mon voyage chez les fous. Dans ce livre, j’utilise souvent le mot « fou » de façon non péjorative et à titre d’humour. D’ailleurs, je suis fou, et sur notre belle mère la Terre, nous le sommes tous plus ou moins.

Je m’exprime souvent vulgairement aux premier ou second degrés selon l’humeur ; à vous, mes très chers lecteurs, de deviner le sérieux, l’atroce vérité, ou bien l’humour.

Je prends souvent un malin plaisir à mélanger le rire et les larmes.

Dans tous les cas, je reste sincère, sans langue de bois et je vous livre un avis très personnel de la psychiatrie.

Je n’ai pas la prétention d’écrire une œuvre littéraire, mais un journal de ma vie, une lettre ouverte.

 

Lionel Belarbi

La psychothèque ou la communauté des fous (802986)